23 novembre 2004
Denis Badré : Bibliographie
L'Attente d'Europe
Collection Albin Michel (2003)
Après 50 ans d'efforts, la construction européenne semble piétiner. Faute d'une réelle vision politique, les Etats membres se sont repliés sur eux-mêmes en faisant parler leurs égoïsmes nationaux plus haut que l'intérêt communautaire.
Nous sommes loin de l'idée qui a inspiré Jean Monnet et Robert Schuman au lendemain de la seconde guerre mondiale… Animés par un idéal de paix et de prospérité, ces derniers avaient imaginé un projet européen, à construire étape par étape. Fondé sur une réconciliation franco-allemande apparemment impossible et sur une solidarité entre les nations européennes qui avait toujours semblé utopique, il s'est pourtant concrétisé à force de volonté et de courage politique.
Dans une période de crise et d'incertitudes, Denis Badré montre en quoi il est nécessaire de prendre exemple sur les Pères Fondateurs en explicitant ce projet et en amenant l'ensemble des citoyens européens à se l'approprier. Pour cela il paraît nécessaire de prendre conscience du chemin parcouru car il est extraordinaire. Et il faut prendre du recul par rapport aux contingences du quotidien pour retrouver l'importance historique de la démarche et la signification qu'elle prend dans un monde ouvert et tourmenté.
Aujourd'hui l'Europe doute, alors qu'elle ne peut plus se le permettre : mondialisation des échanges, nouvelle donne géopolitique, élargissement vers l'est sont autant de facteurs qui doivent conduire l'Union européenne à se renforcer dans tous les domaines.
Dans l'Attente d'Europe, Denis Badré n'hésite pas à aborder les sujets qui inquiètent où qui fâchent : de l'adhésion de la Turquie à la réforme de la PAC, en passant par la défense européenne et la gouvernance économique, il traite l'ensemble de ces questions gardant toujours à l'esprit l'intérêt communautaire.
Approfondir l'Union européenne au moment où celle-ci s'élargit est une nécessité absolue. Cela demande une volonté politique forte de la part des dirigeants nationaux. Ces derniers doivent assumer pleinement leurs responsabilités. Pour Denis Badré, il s'agit d'en finir avec les égoïsmes nationaux. Certes, l'Union européenne est un projet qui appelle les Etats membres à l'effort (pertes de souverainetés, coût de l'élargissement) mais il est bénéfique à long terme. Surtout, l'Union européenne est porteuse d'un idéal de paix et de prospérité. Afin de stabiliser les régions du monde qui en ont besoin, il peut paraître opportun de rappeler que de telles Unions, lancées sur les ruines d'autres conflits également épouvantables, peuvent s'accomplir. Pour toutes ces raisons, l'Europe est un projet qui doit aboutir. A nous de nous en donner les moyens… A nous d'y croire et de le vouloir.
Mondialisation : réagir ou subir ? La France face à l'expatriation des compétences, des capitaux et des entreprises, les rapports du Sénat (2001) Constituée dans le prolongement des travaux déjà effectués par le Sénat sur la " fuite des cerveaux ", la mission a voulu répondre à la question suivante : face à la mobilité irréversiblement croissante des hommes, des entreprises et des capitaux, la France est-elle en train de perdre une partie de ses forces vives, ou fait-elle en sorte de tirer le meilleur parti de ses réels atouts ? Au vu des témoignages recueillis en France et à l'étranger, et notamment, de ceux exprimés directement par plusieurs centaines d'expatriés dans le cadre d'un forum Internet, ainsi que d'une étude réalisée auprès des diplômés d'HEC expatriés, la mission s'est donné pour tâche d'évaluer très concrètement, et de manière vivante, l'ampleur et, surtout, la signification des mouvements d'expatriation. Elle a pu ainsi estimer à 500 milliards de francs l'exode des patrimoines entre 1996 et 2000, et considérer que le mouvement se poursuit -bien qu'à un rythme moindre-, ce qui entraîne non seulement une perte fiscale directe mais également des conséquences lourdes pour l'avenir : pertes d'investissements, pertes d'emplois, de savoir-faire et, au bout du compte, un nouveau manque à gagner fiscal… La mission a dressé un inventaire des handicaps qui viennent affaiblir l'attractivité et la compétitivité de notre pays, et montré que la France a tendance à gâcher ses nombreux atouts par des attitudes et des choix à contre-courant. Considérant qu'il faut d'abord que l'État se modernise profondément et que les États membres de l'Union européenne doivent harmoniser leurs politiques dans le cadre de la mondialisation, la mission propose une stratégie offensive visant à :
doter l'entreprise " France " d'un cadre fiscal et social plus attractif ,notamment par l'adoption -dans l'attente d'une harmonisation européenne- d'un régime fiscal spécifique pour les impatriés de nationalité étrangère, par le " déplafonnement du plafonnement " de l'impôt sur la fortune, ainsi que par la définition d'un seuil spécifique de l'ISF pour les Français ayant fait toute leur carrière à l'étranger et désireux de revenir en France ;
dynamiser la recherche et l'innovation et favoriser le rayonnement de tous les talents, notamment en élargissant les financements destinés aux jeunes chercheurs ainsi qu'en créant un régime fiscal plus favorable aux créateurs d'entreprises ;
développer une politique globale, volontaire et cohérente de l'ouverture à l'international, en organisant le réseau des acteurs publics ou privés français à l'étranger, et en renforçant l'enseignement français à l'étranger, par une implication financière du ministère de l'éducation nationale.
Quelle frontière pour l'Europe ?
Collection Ellipses (1998)
En 2004, l'élargissement de l'Union européenne aux Pays d'Europe Centrale et Orientale a ouvert un nouveau débat, occasion exceptionnelle de reposer toutes les questions pratiques liées à la construction européenne. Ce débat nous ramène surtout à l'essentiel : « quelle frontière pour l'Europe ? », c'est-à-dire, bien sûr, « jusqu'où l'Europe ?», mais aussi « l'Europe pourquoi faire ?», et « que doit faire l'Europe ? ». Avec leurs critiques et leurs doutes, les Européens attendent aujourd'hui beaucoup des politiques. Ceux-ci ne devront pas les décevoir. Alors, l'élargissement pourra être une chance pour l'Europe et constituer un projet pour les jeunes.





